Archive pour la catégorie ‘Faits de société’

Climat: 400 chercheurs contre Allègre

Climat: 400 chercheurs contre Allègre

Climat: 400 chercheurs contre Allègre

Ce n’est guère dans leurs habitudes de sortir de leurs gonds, mais trop c’est trop : lassés des « dénigrements » et « accusations mensongères » de Claude Allègre, dont le livre à charge triomphe en librairie, environ 400 chercheurs ont contre-attaqué pour rétablir leur vérité sur l’évolution du climat.

À l’initiative de la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, les premiers signataires - parmi lesquels Jean Jouzel et Édouard Bard, cibles récurrentes de M. Allègre - en appellent à leurs autorités de tutelle, la ministre de la Recherche Valérie Pécresse et les grands instituts scientifiques qui les emploient (CNRS, CEA, INRA, IRD, Météo France, Museum d’Histoire naturelle…).

« Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques », poursuivent-ils.

Les auteurs « oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société », estiment-ils, en attendant du ministère et de leurs instituts « une réaction
[…] et l’expression publique de votre confiance ». En dix jours sur internet, leur pétition a recueilli plus de 400 signatures, « largement au-delà de nos espoirs initiaux » souligne Mme Masson-Delmotte. Celle-ci se félicite de retrouver des géographes, des historiens comme Emmanuel Leroy-Ladurie, des hydrologues, de spécialistes des océans, des glaces, des continents…

(http://www.ladepeche.fr/article/2010/04/02/809351-Climat-400-chercheurs-contre-Allegre.html)

Rappel des évènements:

Claude Allègre se bat depuis longtemps pour que l’on parle de “changement climatique” - un bouleversement des rythmes du climat - plutôt que de “réchauffement”. C’est cette rengaine qu’il assène une nouvelle fois dans Le Point daté de ce jeudi 27 mars, sous le titre - paradoxal s’agissant d’une “vieille” affaire - “Climat: Allègre relance la polémique”. Malheureusement pour lui, ses arguments ne tiennent pas la route. Explications et rappel des épisodes précédents.

“Sur les vingt dernières années, le réchauffement serait nul”
Principal argument de Claude Allègre dans Le Point: “L’année 2007 a été caractérisée par une chute de températures de 0,60 à 0,75°C, une valeur qui annule l’augmentation moyenne de températures depuis vingt ans”. Et l’ancien ministre de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie du gouvernement Jospin de déplorer que personne ne parle de ce fait qui irait à contre-courant des commentaires “ubuesques” qu’il entend çà et là. A l’appui de ses dires, une courbe du Hadley Center, un institut britannique de référence, qui indique effectivement que la température du globe, après une augmentation de quelque 0,6°C entre 1998 et 2007, serait retombée en 2008 à son niveau de 1998:

Mais à y regarder de plus près, que voit-on? Qu’il ne s’agit pas des variations annuelles, mais des écarts d’un mois de janvier sur l’autre! La ficelle est grosse mais n’arrête pas l’ex-ministre.

Qu’en est-il alors des variations annuelles, qui seules ont un sens? Le GISS, le laboratoire de climatologie de la Nasa - qu’Allègre qualifie dans son intervention de “respecté” - contredit lourdement le géochimiste. Sur son site, le GISS évoque une indéniable élévation de la température ces deux dernières décennies, et même les précédentes. Une tendance illustrée par ce schéma, que Claude Allègre évite bien - et pour cause - de reprendre à son compte:

Au passage, même la courbe qu’Allègre utilise dans Le Point concernant les relevé des mois de janvier du Hadley Center se retourne contre lui si on la publie sur un siècle et non sur les seules vingt dernières années:

En résumé, le principal argument d’Allègre dans cet article du Point ne tient pas.

Allègre, les scientifiques et les journalistes
Et ce n’est pas la première fois. Ses régulières sorties sur le réchauffement climatique alors qu’il était encore chroniqueur à L’Express, notamment ici, ont suscité à l’époque beaucoup de réactions indignées, que ce soit de la part de lecteurs ou dans la communauté scientifique. Bakchich.info évoque en outre dans une longue enquête les approximations et erreurs d’Allègre en ce qui concerne le climat, “une question peut-être trop grande pour lui”, ainsi que les autres “drôles de vérités de Claude Allègre”. De même, dans un article (payant) de Mediapart, Jade Lindgaard s’est récemment amusé à faire le bilan scientifique de Claude Allègre qui, en ce qui concerne le climat et bien d’autres secteurs, est entaché d’”affirmations péremptoires” et de “beaucoup d’erreurs”.

Claude Allègre dispose cependant de soutiens, peu nombreux mais très actifs. Comme les contributeurs du site Climat-sceptique. Ou comme Vincent Courtillot, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), et Jean-Louis Le Mouël, directeur du laboratoire de géomagnétisme du même organisme, que l’ex-ministre a dirigé de de 1976 à 1986.

Et gare à ceux qui s’en prendraient à ses amis: Claude Allègre a l’insulte facile, comme le déplore l’Association des journalistes scientifiques (AJSPI) dans une lettre ouverte transmise notamment à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. A l’origine de l’histoire, une série d’articles de Libération, du Monde et du Figaro, fin 2007, qui pointaient les errements d’une étude scientifique conduite par Vincent Courtillot (l’affaire est détaillée sur le blog de Sylvestre Huet, de Libération). L’AJSPI raconte: “La suite se passe hors du champ scientifique. Insultes envers un journaliste proférées par Claude Allègre, soutien indéfectible de M. Courtillot, demandes de droit de réponse abusives, menaces de procès en diffamation, tentatives de pressions auprès des rédactions en chef pour discréditer des journalistes.”

L’attitude de Claude Allègre n’amuse pas non plus les membres du gouvernement. Jean-Louis Borloo “pense très sincèrement qu’il se trompe”, tout comme Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, qui a eu l’occasion de s’opposer à ses théories. Ce qui n’empêche pas Allègre de croire encore à son arrivée au gouvernement (voir ici sa carrière en images).

Plutôt que de faire profil bas, l’ancien ministre en rajoute. Interrogé sur les propos de Borloo, il s’est permis une pointe de mépris: “L’opinion sur le réchauffement climatique de Jean-Louis Borloo et la mienne, je ne les mets pas au même niveau. S’il parlait de problèmes juridiques (Jean-Louis Borloo est avocat de métier, NDLR), sans doute son avis serait plus important que le mien.” Un état d’esprit qui promet de nouvelles étincelles dans les mois à venir…

(http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/climat-claude-allegre-chauffe-la-planete-science_471560.html)

Roundup® : révélations du MDRGF

roundup: révélations du MDRGF

roundup: révélations du MDRGF

Le MDRGF prouve que les formules de 2 Roundup® déposées au Ministère de l’Agriculture ne correspondent pas aux formulations des produits vendus.

Suite à des analyses effectuées à la demande du MDRGF et de Jacques Maret concernant 2 formulations de Roundup® (RU), les résultats attestent de failles dans la mise sur le marché de ces RU.

 

Rappel des faits. Le 16 juin 2009. Le MDRGF et J. MARET (agriculteur) demandent, sur la base d’études scientifiques, au Ministre de l’Agriculture d’abroger les autorisations de mise sur le marché (AMM) pour trois formulations de Round Up® : Express, Extra et GT Plus (les « RU »).

Le 18 octobre 2009. Le MDRGF et J. MARET attaquent devant le Conseil d’Etat le refus tacite du Ministre d’abroger les AMM par une requête fondée notamment sur l’absence de prise en compte du POEA présent dans les RU comme « substance active (cette substance POEA n’étant considérée que comme un adjuvant).

Réponse du Ministre : Pas de POEA dans les dossiers de demande d’AMM ! Début octobre 2009. Les plaignants (MDRGF et J. Maret) reçoivent enfin un courrier de réponse de Monsieur Bruno LEMAIRE, Ministre de l’Agriculture, daté du 14/10/2009 qui affirme que dans les « dossiers de demande d’autorisation de mise sur le marché des produits en cause [les trois Roundup] (…), aucune des préparations susmentionnées ne contient de POEA ».

Expertises et révélations ! Octobre - Novembre 2009. Le MDRGF et J. Maret font faire des analyses sur 2 de ces RU (Express et GT plus) pour vérifier ces propos par deux laboratoires distincts. Ces résultats contredisent formellement le Ministre en confirmant la présence de POEA dans les 2 Round Up® testés ! Ces résultats montrent que la composition réelle de ces 2 Round Up® commercialisés ne correspond pas à la composition intégrale figurant dans les dossiers des demandes d’AMM.

Encore plus fort !! En outre, les analyses réalisées par l’un des laboratoires montrent des différences de composition chimique entre deux échantillons du RU Express (ayant le même numéro d’AMM) et également entre deux échantillons du RU GT PLUS (même numéro d’AMM mais dates d’AMM différentes).

«Les analyses que nous avons fait faire témoignent de la présence du POEA dans les 2 round up testés, contrairement aux informations transmises par le ministre de l’agriculture. Les 2 Round Up® commercialisés ne correspondent donc apparemment pas aux formules déposées et homologuées par les services du ministère du l’agriculture. Cette situation n’est pas acceptable ! » déclare F. Veillerette, Président du MDRGF qui demande « le retrait immédiat de la commercialisation de ces 2 round up ».

« Nos analyses montrent également une différence de composition de 2 Roundup pour des formulations ayant le même numéro d’AMM. Cela ne devrait pas être le cas puisque à un numéro d’AMM doit correspondre une formulation. Il faudra que l’Afssa et le ministre donnent des explications sur ces incohérences. » ajoute J. Maret.

« Nous étudions actuellement la possibilité d’entreprendre des actions en justice » concluent-ils.

Plus d’infos sur le site du MDRGF :

http://www.mdrgf.org/newsRU.html

Le fondateur de la revue ‘The Ecologist’ vient de décéder

theecologist

The ecologist

Edward Goldsmith , le fondateur de la revue ‘The Ecologist’ vient de décéder
à l’âge de 81 ans vendredi 21 août au matin, en Toscane.

Le MDRGF rend un hommage ému à cet écologiste visionnaire né à Paris en 1928 d’une mère française et d’un père anglais, il crée en 1969 la revue The Ecologist, revue phare de la pensée écologiste internationale puis L’Ecologiste, son édition française, en 2000.

Parcours. Il est le co-fondateur de l’association « Survival International » en 1968 consacrée à la défense des peuples indigènes. Il participe à la création du Green Party en Angleterre (1974), aux premières campagnes des écologiste français (1974-1977), au premier sommet international sur l’environnement de Stockholm (1972)…

Pendant près de trente ans, il bloque des chantiers de construction de centrales nucléaires, organise des campagnes contre la déforestation ou la construction de grands barrages en Inde, contre la Banque Mondiale ou la FAO, édite une quinzaine de livres, écrit des centaines d’articles, organise partout sur la planète des actions afin de lutter contre la dégradation de la planète et des conditions de vie de ses habitants.

En 1972, il publie A blueprint for survival traduit en français sous le titre Changer ou disparaître, ouvrage qui fut un bestseller traduit en 16 langues et à l’origine de bien des vocations d’écologistes. En 1990, il publie Rapport sur la planète Terre aux éditions Stock puis 5 000 jours pour sauver la planète.

Le défi du XXIème siècle. Les conclusions et l’expérience de toutes les années d’étude et de combats de cet activiste sont parus sous la forme d’un manifeste de l’écologie intitulé Le défi du XXIème siècle - une vision écologique du monde aux éditions du Rocher en 1994 et réédité en juin 2002 sous le titre Le Tao de l’écologie. En 1996, il a dirigé avec Jerry Mander un autre ouvrage essentiel rassemblant les contributions d’une trentaine de personnalités internationales actives dans le domaine de l’écologie dont Ralph Nader, Wendell Berry, Jeremy Rifkin, Herman Daly, Vandana Shiva , Wolfang Sachs…, ouvrage disponible en anglais : The case against global economy et en français sous le titre Le procès de la mondialisation (Fayard, 2001). Teddy Goldsmith a également dirigé la publication d’un ouvrage collectif Le Piège se referme (Plon, mai 2002). Intellectuel et militant, il a reçu en 1991 le Prix Nobel Alternatif, le Right Livelihood Award et en 1992 la légion d’honneur.

Hommage à un brillant intellectuel. La pensée écologique de ce brillant intellectuel restera un phare pour de nombreux écologistes à qui il a fait comprendre l’importance des systèmes et aussi la nécessité d’apprendre de l’expérience des peuples indigènes. Son action l’a également toujours porté à aider les organisations écologistes militantes. Le MDRGF s’associe aujourd’hui à l’hommage qui lui est rendu et salue la mémoire de ce très grand Monsieur de l’écologie. Merci Monsieur Goldsmith pour votre combat qui est pour nous une source d’inspiration irremplaçable.

le site de l’Ecologiste : http://www.ecologiste.org/

le site de The Ecologist : http://www.theecologist.org/

Qui veut la peau du Bio ?

Qui veut la peau du bio ?

Qui veut la peau du bio ?

Etude anglaise comparant aliments Bios et non Bios

Les révélations du MDRGF reprises dans la presse ! En plus des 2 articles ci dessous, les révélations du MDRGF ont aussi déjà été reprises par France Info et Europe 1…

Le bio c’est bon pour l’environnement et peut-être aussi pour la santé

AFP 06.08.09 | 12h04

Le bio, c’est bon pour l’environnement, mais aussi pour la santé, assurent les défenseurs des produits issus de l’agriculture biologique, bien que les bienfaits pour la santé soient plus difficiles à prouver scientifiquement.

Une étude britannique a relancé le débat en suggérant que l’avantage nutritionnel des aliments naturels, produits sans fertilisants ni pesticides, était négligeable. Les produits bios ne sont pas plus sains que les aliments ordinaires, leur apport nutritionnel étant assez similaire, ont estimé des chercheurs de l’Ecole d’hygiène et de médecine tropicale (LSHTM) de Londres dans cette étude publiée dans le Journal américain de nutrition clinique.

Pour le Professeur Alan Dangour, principal auteur de l’étude, “il n’y a actuellement aucune preuve” justifiant de privilégier les produits bios sur les autres pour leur apport nutritionnel. “Mais il est également clair que la qualité des preuves rassemblées pour aboutir à ce jugement est faible”, fait remarquer le prestigieux journal médical britannique The Lancet dans sa dernière édition.

Pour cette méta-analyse, les chercheurs britanniques ont en effet brassé quelque 90.000 études scientifiques parues depuis 50 ans, en ont sélectionné 162 mais n’en n’ont finalement retenu qu’un tiers, considérées comme satisfaisantes, souligne The Lancet. En France, le MDRGF, une association qui se bat contre les pesticides, estime que l’étude britannique est “tronquée” car elle est basée sur 55 études seulement, choisies parmi les 162 retenues.

Or l’analyse de ces 162 études “fait apparaitre des différences significatives favorables aux aliments bios pour 6 catégories de nutriments importants”, affirme François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures. Les végétaux bios contiennent notamment plus de magnésium, de zinc, de polyphénol ou de sucres que les cultures intensives qui contiennent, elles plus d’azote, précise-t-il. De même, les produits animaux bios contiennent plus de certains acides gras que leurs homologues non bios, ajoute-t-il. Des chercheurs de l’université de Californie avaient déjà montré en mars 2007 que la valeur nutritionnelle de kiwis issus de l’agriculture bio était supérieure à ceux de l’agriculture conventionnelle, les premiers contenant plus de polyphénol (censé lutter contre le cholestérol) et d’antioxydants (qui combattent le vieillissement des cellules) que les seconds. De son côté, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a estimé en 2003 qu’il n’y avait pas de “différence remarquable (…) des teneurs en nutriments entre les aliments issus de l’agriculture biologique et ceux issus de l’agriculture conventionnelle”.

Une analyse qui est “toujours d’actualité”, souligne une porte-parole de cette agence. L’Afssa a toutefois reconnu dans cette étude que “le mode de production biologique, en proscrivant le recours aux produits phytosanitaires de synthèse, élimine les risques associés à ces produits pour la santé humaine et concourt à une moindre pollution environnementale, notamment de la ressource en eau”. Elle rejoint ainsi les défenseurs des produits naturels qui soulignent que l’absence de résidus de pesticides dans les aliments bios est un élément favorable à la santé. Mais “pour dire que le bio c’est bon pour la santé, il faudrait avoir des études épidémiologiques portant sur des familles mangeant bio régulièrement sur 5, 10 ou 15 ans, et on n’a pas ce genre d’études”, commente Lylian Le Goff, expert de la fédération France nature environnement (FNE).

Qui veut la peau du bio ?

Bio : une étude qui fait tâche

C’est une étude scientifique que tous les agriculteurs bio voudraient voir réduite en compost. Publiée la semaine dernière dans l’American journal of Clinical Nutrition par une équipe de chercheurs britanniques, elle dégomme l’idée que manger des produits estampillés bio est meilleur pour la santé. Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont passé au tamis 52 471 articles écrits sur le sujet en un demi-siècle. Aucun avantage supplémentaire, que ce soit en apports de calcium de fer ou de vitamine C. Sauf que ladite étude pèche un peu. Déjà parce qu’elle ne prend pas en compte le les résidus de pesticides que l’on retrouve dans la moitié des fruits et légumes cultivé en intensif, ce qui change sensiblement la donne. Et puis, il y a cette- bizarrerie, pointée par la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) et le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) : le rapport remis par les mêmes chercheurs à l’Agence britannique des normes alimentaires débouche sur des conclusions opposées à celles de l’étude publiée dans la revue scientifique.

D’après ce pavé de 209 pages, les fruits, légumes et céréales bio contiennent plus de magnésium, de zinc et de composés phénoliques aux vertus antioxydantes que les cultures industrielles _ «D’un côté vous avez un rapport qui repose sur l’analyse de 162études, de l’autre une publication expurgée de 87d’entre elles, soit plus de la moitié, sur des motifs arbitraires», dénonce François Veillerette, le porte-parole du MDRGF.

La seule façon de clore le débat une bonne fois pour toute serait de lancer une grande étude épidémiologique comparant la santé des consommateurs qui n’achètent que des produits garantis sans pesticides à celle des autres. « C’est ce que nous réclamons en vain depuis des années » peste Dominique Marion, le président de la FNAB. En attendant, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à se convertir au bio. On en compte désormais 13 800, 15% de plus que l’année dernière.

Christophe LABBE et Olivia RECASSENS.

Le Point 6 aout 2009

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Victime des Pesticides: pris au Lasso

 

Victime des pesticides

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Pris au Lasso

(Article de Libération du 27 décembre 2008)

 

Paul François. Gravement malade suite à l’inhalation d’un désherbant, ce céréalier de Charente s’apprête à poursuivre en justice le fabricant américain Monsanto.

L’accident a changé sa vie. Il faisait chaud, ce 27 avril 2004, près de Ruffec, dans ce coin de Charente du Nord, où Paul François, céréalier de 44 ans, cultive 240 hectares de terres. Blé, maïs et colza. Le gaz a surgi de la cuve, un récipient en résine posé sur un tracteur bleu. Les ailes déployées, l’engin ressemble de loin à une grosse libellule. Le «pulvé» permet de traiter les champs sur trente mètres de large. La cuve était restée exposée en plein soleil. Paul voulait vérifier qu’elle était bien «rincée». Il n’a pas fait la bonne manip. «Une odeur très forte est sortie, qui m’a chauffé tout le corps.» Paul a été littéralement gazé par le monochlorobenzène. Une molécule qui entre dans la composition du désherbant qu’il utilise pour traiter ses champs, le Lasso. Paul est rentré chez lui prendre une douche. Son état s’est dégradé. Après, ce sont ses proches qui lui ont raconté. Depuis, Paul n’est guère remonté sur son tracteur.

Au début du mois de novembre, après une longue bataille, le tribunal des affaires sociales (TASS) d’Angoulême a reconnu le lien entre la maladie, qui le frappe depuis quatre ans, et l’inhalation du désherbant. Le 1er décembre, l’organisme de sécurité sociale agricole a fait appel du jugement. L’année prochaine, Paul devrait ferrailler contre Monsanto, le fabricant du Lasso, devant le tribunal de grande instance de Lyon. Epaulé par François Lafforgue, avocat d’un cabinet qui s’est illustré dans des affaires de santé publique et de maladie professionnelle : amiante, légionellose… «Il a fallu surmonter beaucoup d’obstacles pour qu’on puisse caractériser le lien», dit l’avocat. Les obstacles, Paul François les écarte méthodiquement, même s’il a conscience de s’attaquer à gros. A l’écouter, on se dit que le conglomérat américain Monsanto n’a pas eu de chance de tomber sur un gars comme lui.

Chemise et lunettes noires, on pourrait le confondre avec un citadin. «Je ne me reconnais pas dans le terme d’”agrimanager”», souffle-t-il. Chez lui, on est loin des personnages campés dans la Vie moderne de Depardon. Pas la tête du paysan typique qui nous ramène tous à nos origines. Ce cinquième d’une famille de six enfants, à la scolarité difficile, est le seul à travailler dans la partie. Il a repris l’exploitation gérée par son père. Il est presque gêné par le chemin «boueux» qui mène à sa maison. Dans son bureau, pas grand-chose pour rappeler la ferme. Un ordi, et, affiché au mur, un plan de ses terres.

Paul François est atypique dans le milieu rural. «Il a parlé pour ceux qui ne parlent pas»,dit sa sœur Marie. «Pendant très longtemps, les agriculteurs ne souhaitaient pas qu’on évoque leurs problèmes de santé pour qu’on ne les traite pas de pollueurs», rapporte un spécialiste. Pas lui. Quand le réalisateur Jean-Paul Jaud, auteur de Nos enfants nous accuseront, un documentaire qui évoque l’empoisonnement des campagnes par la chimie agricole, l’invite pour l’avant-première à Paris, il n’hésite pas. «Il a expliqué son action. C’est un acte citoyen et exemplaire. Si lui peut le faire, tout le monde peut le faire», dit le réalisateur.

La maladie, Paul la détaille, comme pour mieux la combattre. Pourtant, l’écouter dresser la liste des affections dont il a souffert a de quoi vous tourner la tête. D’abord l’amnésie, l’insuffisance respiratoire, les problèmes d’élocution. Cinq semaines après l’accident apparaissent les vertiges. Cinq mois après l’inhalation, il a des absences sur sa moissonneuse-batteuse. «Je n’étais pas cohérent dans mes propos. Mes proches ne me reconnaissaient plus, je devenais irritable. Le matin, je donnais des consignes qui n’étaient pas celles du soir.» Son état empire. Il tombe à plusieurs reprises dans le coma. C’est sa femme, une ancienne infirmière «tenace» , qui pousse les médecins à faire analyser des échantillons d’urine et de sang. Ils trouvent, pratiquement un an après l’accident, du chlorophénol. «On est censés ne pas en avoir», dit Paul.

Le corps médical rechigne à établir le lien avec l’inhalation du Lasso. Les médecins pensent plutôt dépression. Au début, il accepte l’idée. Le centre antipoison refuse de le recevoir. Un médecin le soupçonne de se «droguer». «Cela l’a mis en colère», explique un scientifique. «Je voyais autour de moi une suspicion malsaine», dit Paul. Heureusement, des experts trouvent son cas étrange, lui viennent en aide, l’aident à rédiger ses conclusions. «Il était tout seul, isolé», raconte le toxicologue Henri Pézerat. Sans cette main tendue, ces chercheurs qui ont pris sur «leur temps personnel», il ne sait pas où son combat en serait aujourd’hui.

Comment va-t-il maintenant ? Immunodéficient, il a fait trois septicémies depuis le début de l’année. «Je m’estime coriace», assure-t-il. On lui demande s’il craint pour l’avenir. Il répond : «Un médecin m’a dit : “Vous devriez déjà être mort.”»

Depuis le jugement, il a découvert la puissance des médias capables de lui trouver une place dans un train complet rien qu’en claquant des doigts, ou saturer son portable d’appels. «Je me suis dit, il faut vite que je revienne sur ma ferme. Il faut rester lucide.» Dans la rue, à Ruffec, on le reconnaît, le félicite. Il se fait chambrer, aussi. Répond la même phrase : «Je ne suis pas passé à Qui veut gagner des millions.» Il souhaite pouvoir toucher d’autres agriculteurs qui souffrent des mêmes maux mais n’osent pas se battre.

Paul François est un pur produit de l’agriculture intensive. Il rappelle dans quoi il a baigné : «Nos parents ont donné l’indépendance alimentaire à l’Europe dans les années 70 et ils l’ont fait grâce à la chimie.» Mais il en est persuadé : «Si les firmes voulaient jouer le jeu, on pourrait utiliser les produits phytosanitaires sans faire courir de grands risques à l’environnement.» Son engagement ? Son père était, comme lui, un type «débrouillard, toujours en recherche, et pas à s’installer dans un truc», comme dit sa sœur Marie. «Il a un regard assez avant-gardiste, l’esprit ouvert, battant», dit le maire de Ruffec. Et il a des aïeux vendéens, des gens qui, selon Marie, se révèlent dans l’adversité. Vice -président de la communauté de communes, plutôt centre droit, il a repris la charge «environnement», se bat désormais pour faire respecter l’assainissement. Il a toujours voulu éviter toute récupération syndicale, «dépolitiser» son problème. Mais il l’assure : «Si on continue à exploiter nos terres avec de plus en plus de produits chimiques, on va dans le mur.» Il ne veut pas entendre le discours : «Tu as été empoisonné, tu devrais faire de l’agriculture bio.» Avant son accident, il utilisait déjà la rotation des terres, qui «fait du bien au sol» ; récupérait du fumier. Il compte aussi se mettre au trèfle. Et quand vous le quittez, il dit qu’il a promis à sa famille et à des amis d’être là tôt ce soir, pour préparer un pot-au-feu.

Avant l’accident, il était bon vivant. Il a un peu repris du poil de la bête. Il a deux filles, de 13 et 17 ans, qui pourraient gérer l’exploitation dans une démarche de développement durable. Son père Alphonse, 81 ans, ancien syndicaliste, observe sa lutte de loin. Il est, dit Paul, «fier de mon combat, inquiet pour ma santé».

 

Retrouver l’article sur le site www.victimes-pesticides.org/ 


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Les produits chimiques: omniprésents et dangereux

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Clifton Curtis and Tina Skaar décrivent les impacts des produits chimiques toxiques sur les populations et sur la nature, et présentent les mesures internationales destinées à les combattre.

Depuis cinquante ans, il existe des preuves de plus en plus nombreuses de la menace que les produits chimiques synthétiques représentent pour la santé et le bien- être des animaux et des êtres humains. Quel que soit l’endroit qu’étudient les scientifiques – les Tropiques, les systèmes marins, les régions industrielles ou l’Arctique – ils observent les impacts des produits chimiques toxiques. Il n’est ni personne, ni région, ni espèce qui soit hors de portée de ces polluants insidieux.
Qu’il s’agisse de pesticides comme le chlordane, l’atrazine et l’endosulfan, de produits chimiques industriels comme les polychlorobiphényles (PCB) et les phtalates utilisés dans les plastiques, ou de dérivés comme les dioxines et les furanes, les produits chimiques font partie de notre vie – et ce à plus d’un titre. Ce qui est ironique, c’est que des produits chimiques qui avaient à l’origine été développés pour lutter contre les maladies, augmenter la production alimentaire et améliorer notre niveau de vie constituent une menace pour la diversité biologique et la santé humaine.Les politiques et initiatives prises dans le cadre de divers programmes – comme le récent traité mondial sur les polluants organiques persistants (POP), les propositions de loi de l’Union européenne (UE) visant à réformer ses politiques en matière de produits chimiques, la stratégie mondiale pour les produits chimiques envisagée par le Conseil d’administration du PNUE, et le projet ASP qui vise à éliminer les stocks de pesticides périmés en Afrique – sont des composants vitales d’un cadre plus réaliste pour les produits chimiques. Il faut un système de gestion des produits chimiques plus rigoureux, cohérent et sans danger pour l’environnement, capable de protéger la nature et les êtres humains aux niveaux local, national et international.

Au cours des cinquante dernières années, 80 000 produits chimiques environ ont été introduits dans l’environnement. Il n’en est pratiquement pas un qui ait été testé sur toute la gamme des effets reproductifs, neurologiques ou endocriniens. De tout temps, la recherche et la réglementation des produits chimiques synthétiques ont mis l’accent sur les dangers de la mutation génétique, sur les cancers et sur les malformations congénitales importantes. Cependant, les scientifiques commencent à s’intéresser de plus en plus à un risque baptisé « perturbation endocrinienne ».

Les produits chimiques perturbateurs de l’endocrine agissent sur l’activité des hormones dans le corps. De nombreux produits chimiques manufacturés imitent les hormones naturelles et émettent de faux messages. d’autres composés synthétiques font barrage et empêchent les messages légitimes de passer. Quel que soit le mécanisme, le résultat est fondamentalement le même : tout produit chimique qui agit directement ou indirectement sur les hormones risque de brouiller des messages vitaux, de fausser le développement et de nuire à la santé.

Il existe de très nombreuses preuves de la nocivité des produits chimiques perturbateurs de l’endocrine – études de la faune, expériences en laboratoire et investigations mécanistiques au niveau moléculaire et cellulaire. De nombreux scientifiques ont conclu que les composés synthétiques avaient déjà nui à de nombreuses populations de faune en provoquant des dysfonctionnements de la thyroïde, une baisse de la fertilité et des éclosions à terme, des anomalies du comportement, la féminisation et la démasculinisation des mâles, et une fragilité des systèmes immunitaires.

Les contaminants perturbateurs des hormones peuvent être dangereux à des doses infimes et ils représentent un danger encore plus grand pour le fœtus en développement. Les hormones jouant un rôle très important au tout début du développement, les produits chimiques synthétiques qui perturbent ces messages internes constituent un danger particulier pour l’enfant à naître. Durant la vie prénatale, les perturbateurs endocriniens risquent de modifier le développement du corps, y compris celui du cerveau, et d’amoindrir la capacité à apprendre, à lutter contre les maladies et à se reproduire.

Certains des produits chimiques parmi les plus dangereux du monde sont en cours d’élimination et sont interdits conformément à la nouvelle Convention de Stockholm sur les POP, finalisée en mai 2001. Les POP sont des substances toxiques composées de mélanges et composés chimiques organiques (à base de carbone). Ils comprennent notamment les produits chimiques industriels comme les PCB et les pesticides comme le DDT. Ce sont surtout des produits et des sous-produits des procédés industriels, de la fabrication des produits chimiques et des déchets qui en résultent. Les 12 POP visés par le traité sont tous des perturbateurs endocriniens.

Aujourd’hui, les POP sont pratiquement omniprésents – dans notre alimentation, dans le sol, dans l’air et dans l’eau. Les animaux et les êtres humains du monde entier en transportent dans leur corps en quantités susceptibles d’être dangereuses ou proches de tels niveaux. Ces polluants sont des composés extrêmement stables qui peuvent s’accumuler et persister dans l’environnement ou dans les tissus corporels pendant des années ou des décennies avant d’être éliminés. Ils peuvent également voyager dans l’air et dans l’eau et atteindre des régions très éloignées de leur source d’origine. Les POP ont également tendance à s’accumuler biologiquement, dans les tissus adipeux de l’organisme et à se concentrer de plus en plus au fur et à mesure qu’ils s’élèvent dans la chaîne alimentaire. Tout produit chimique qui agit directement ou indirectement sur les hormones risque de brouiller des messages vitaux, de fausser le développement et de nuire à la santé
Plusieurs initiatives internationales offrent d’excellentes occasions d’aborder de manière responsable le problème des produits chimiques toxiques. De même, un certain nombre de pays font des efforts au niveau national dans le cadre des politiques et programmes nécessaires, même si les mesures prises aux niveaux local, national et international sont encore loin d’être suffisantes.

La nouvelle Convention de Stockholm sur les POP a pour but d’éliminer ou de réduire fortement la production et l’utilisation de 12 POP (avec la possibilité d’inclure d’autres POP à l’avenir). Elle vise à assurer une gestion sans danger pour l’environnement ainsi que la transformation chimique des déchets de POP. Enfin, elle tend à empêcher l’apparition de nouveaux produits chimiques possédant des caractéristiques similaires. Les principales mesures prévoient l’adoption du principe de précaution en cas d’incertitude, des engagements de financement de la part des pays développés pour garantir la participation de toutes les nations, la lutte contre la commercialisation de nouveaux POP, et une invitation à utiliser des produits et procédés de substitution au lieu de faire appel à des laveurs et à des filtres.

Le WWF et d’autres ONG environnementales et de santé publique demandent instamment et promptement aux gouvernements de ratifier le traité sur les POP ainsi que trois autres traités concernant les produits chimiques, et ce avant la réunion du Sommet mondial sur le développement durable qui aura lieu à Johannesburg fin août/début septembre 2002. (Les trois autres traités sont la Convention de Rotterdam sur le consentement préalable en connaissance de cause (PIC), qui concerne le contrôle du commerce des produits chimiques et les accumulations de stocks de pesticides ; la Convention de Bâle et l’Amendement d’interdiction, qui se concentre sur le trafic des déchets dangereux ; et le Protocole de 1996 à la Convention de Londres, qui concerne la disposition et l’incinération des matériaux dangereux en mer.) Le Sommet mondial sur le développement durable offre aux gouvernements une occasion inégalée d’annoncer leur ratification de ces traités cruciaux.

L’Union européenne (UE) est actuellement le partisan le plus progressiste d’une gestion des produits chimiques qui soit sans danger pour l’environnement. Le Livre blanc de la Commission européenne, Stratégie pour la future politique dans le domaine des substances chimiques, représente une mesure responsable, destinée à faire en sorte que l’industrie fournisse au moins quelques données sur la dangerosité de tout produit chimique produit en quantité supérieure à une tonne. Cela n’a jamais été le cas jusqu’ici. Les produits chimiques existants et nouveaux seront tous testés et soumis au même régime conformément à un calendrier progressif de mise en œuvre.

Malheureusement, la proposition actuelle de l’UE de soumettre les substances très préoccupantes à un système d’autorisation concerne uniquement des substances autres que les POP – carcinogènes, mutagènes ou reprotoxiques. Plusieurs améliorations seront nécessaires au fur et à mesure que s’élaboreront des propositions législatives durant 2002. Le WWF considère qu’il faudrait élargir la gamme de produits chimiques soumis à des autorisations et que celles-ci devraient être accordées uniquement si la société a véritablement besoin du produit et qu’il n’existe aucune alternative moins dangereuse. Bien que le système proposé par l’UE suggère que les produits chimiques les plus dangereux soient soumis à de stricts contrôles, les groupes environnementaux restent préoccupés par la majorité des produits, pour lesquels il appartiendra à l’industrie d’évaluer les risques qu’ils posent. Le WWF et d’autres groupes font également campagne pour obtenir l’accès public à toutes les données de sécurité qui sont présentées et pour le droit de connaître les composants des produits, au moins sur une base qualitative.

En février 2002, le Conseil d’administration du PNUE passera en revue un rapport sur l’éventuelle nécessité d’une Approche stratégique sur la gestion internationale des produits chimiques. Il est probable que les ministres et autres participants conviendront des mesures à prendre pour faire progresser l’Approche stratégique. Il est notamment possible qu’on demande aux participants au Sommet de mandater les organismes internationaux concernés et autres parties prenantes pour élaborer une stratégie chimique mondiale assortie de politiques et procédures permettant d’aborder les questions d’envergure internationale.

Les commentaires sur des éléments particuliers de la stratégie sont prématurés à ce stade, mais le WWF se félicite de l’inclusion des deux « principes » clés dans le rapport du PNUE. d’abord, l’Approche stratégique doit être élaborée « de manière ouverte, transparente et inclusive » avec toutes les parties prenantes concernées. Ensuite, l’approche doit « renforcer » (et non « remplacer ») les contributions déjà faites par divers organismes, en généralisant les objectifs de sécurité chimique actuels et en cours d’élaboration : le développement durable et la constitution de capacités seront les moteurs de ces initiatives. Le respect de ces principes augmentera grandement la probabilité d’atteindre une approche stratégique efficace pour une gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques.

Un partenariat sur le terrain très novateur, destiné à lutter contre les dangers que présentent les stocks de pesticides périmés d’Afrique, est en train de gagner du terrain. Lancé par le WWF, le projet ASP associe les ressources et les compétences d’organisations intergouvernementales, d’organismes d’aide internationaux, d’ONG environnementales et de l’industrie des pesticides. Estimé à 250 millions de dollars sur 10 à 15 ans, le projet a pour objectif de débarrasser l’Afrique de ses stocks de pesticides périmés et il s’accompagne de mesures de création de moyens et autres destinées à éviter la recrudescence du problème. Les récents engagements de financement pris par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), la Banque mondiale et les contributions/dépenses prévues par le WWF, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le PNUE, l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, l’Unité africaine, la Commission économique pour l’Afrique et d’autres participants permettront l’élaboration d’un Partenariat stratégique complet durant 2002. Les partenaires espèrent présenter l’ASP au Conseil du FEM fin 2002 en vue d’obtenir son aval et un soutien financier permanent, parallèlement aux fonds provenant d’organismes d’aide gouvernementaux, des fonds en fidéicommis de la Banque mondiale et d’autres sources.

La communauté internationale a fait des progrès considérables au niveau du débat sur les produits chimiques toxiques, mais il reste encore beaucoup à faire pour protéger la vie sur Terre de ces dangereux composés. Le caractère envahissant et mondial des menaces souligne l’urgence de mesures permanentes et supplémentaires destinées à garantir la gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques


Clifton Curtis est directeur et Tina Skaar est chargée de communication de l’initiative mondiale Produits toxiques du WWF.

Photo : Sharina Hicks/PNUE/Topham


Menaces toxiques pour la faune

- Dans les océans du monde, les baleines sont porteuses de PCB et autres contaminants à des niveaux de concentration qui provoquent des anomalies de développement chez les êtres humains.

- Les gastropodes (bulots et bigorneaux) souffrent d’anomalies de détermination des sexes imputables à la tributyltine présente dans les revêtements des coques de navires.Les albatros qui nichent sur la lointaine Midway Island du Pacifique Nord sont porteurs de niveaux de PCB, DDT, dioxine, et furanes dont on sait qu’ils constituent un danger pour les espèces d’oiseaux de la région industrialisée des Grands Lacs aux Etats-Unis et au Canada.

- Les poissons mâles des rivières de tout le Royaume-Uni subissent une féminisation à des niveaux de contamination courants dans l’environnement britannique.

- Les alligators des lacs de Floride souffrent de problèmes reproductifs qui paraissent liés à la contamination chimique chronique de la région.

- Le système immunitaire des ours polaires de l’Arctique risque d’être compromis à cause de l’exposition aux PCB. Les PCB sont peut-être également responsables des problèmes reproductifs et des anomalies génitales rencontrés parmi les ourses du Svalbard en Norvège.

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EDF: un emprunt risqué au service de l’impérialisme nucléaire

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Alors qu’EDF lance aujourd’hui une vaste opération de séduction financière en France, Greenpeace publie un rapport qui rappelle que la stratégie du groupe de production d’électricité est 100 % nucléaire, risquée et au service du développement de l’EPR dans le monde. L’argent qu’EDF espère collecter en France servira à boucher les trous de cette stratégie hasardeuse.

A travers ses incessantes campagnes de publicité, EDF aime à se présenter comme un gros investisseur dans les énergies renouvelables. Or, sa stratégie de développement est uniquement axée sur le prétendu « renouveau » du nucléaire. Les prévisions d’investissements annoncés aux investisseurs à Londres le 4 décembre 2008 n’en faisaient du reste pas mystère en affichant le besoin de 50 milliards pour construire 10 EPR à l’étranger. Or, cette relance ne s’est pour l’instant pas concrétisée et semble largement surestimée. Chez EDF, éolien et économies d’énergies restent bien à leur place en 4e de couverture sur papier glacé.

« Le milliard français n’est qu’une goutte d’eau à fin de communication dans un plan d’investissement 100% nucléaire ! explique Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace. En période de crise sociale, énergétique et climatique, les français doivent se demander où va leur argent et ne pas laisser abuser par le mirage EDF. Il ne faut pas cautionner la dangereuse stratégie d’une entreprise qui n’a plus rien de publique ! »

20 milliards d’euros… en fumée ?
EDF a investi 15 milliards l’année dernière pour racheter British Energy et 4,5 milliards dans la prise de participation de Constellation, un groupe énergétique américain. Pour Steve Thomas, professeur de politique énergétique de l’école de commerce de l’Université de Greenwich, qui a rédigé le rapport pour Greenpeace, ces lourds investissements sont autant de pari sur le renouveau du nucléaire dans ces deux pays. Or, ce renouveau est hypothétique ; il se pourrait bien que dans ces deux pays, aucun projet de nouveau réacteur n’aboutisse.
Le troisième pari d’EDF se trouve en Chine. Là aussi, le pari est pour le moins hasardeux : les futurs réacteurs basés sur le modèle EPR, s’il y en a, seront construits par la Chine elle-même.

Parmi les autres conclusions de l’étude « AREVA et EDF : perspectives commerciales et risques dans le secteur de l’énergie nucléaire » :

- Areva est tributaire de l’aide du gouvernement français via son agence de garanties de crédits à l’exportation, la Coface. Sans l’aide du contribuable français, Areva n’est pas et ne sera pas en mesure de commercialiser ses réacteurs EPR.
- Du fait de leurs stratégies hasardeuses, les deux groupes ont atteint un endettement record.
- EDF comme Areva risquent d’être amenés à vendre très rapidement une partie de leurs actifs.
- Le nombre de commandes qui se concrétisent en comparaison de celles qui sont prévues, est très faible. Le nombre d’EPR vendu par Areva devrait donc se limiter à quelques unités ces dix prochaines années.
- Les opérations « sûres » des deux groupes sur le marché français sont en perte de vitesse. La encore, ces groupes font reposer leurs choix risqués sur le contribuable français et les citoyens.

Téléchargez l’étude :
Résumé
Etude complète

Aujourd’hui en Finlande, Greenpeace a manifesté pour rappeler que l’EPR en construction à Olkiluoto aurait du être livré au mois de mai 2009, soit déjà depuis plus d’un mois. Greenpeace a par ailleurs distribué à 20000 foyers une facture pour symboliser ce fiasco industriel : il coûtera aux consommateurs finlandais entre 3 et 4 milliards d’euros, soit 600 euros par foyer dans les prochaines années.

Assignation en justice du MDRGF par des producteurs de raisin : suite

Bio-ethic soutient le MDRGF

Bio-ethic soutient le MDRGF

Le MNDGF assigné en justice: suite
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Lettre ouverte de soutien de la Confédération paysanne au MDRGF . 17 06 09

Monsieur le Président,

Le MDRGF que vous présidez a publié le 24 novembre 2008 une enquête sur les résidus de pesticides contenus dans le raisin de table. Suite à cette parution, votre association a fait l’objet d’une assignation en justice par la Fédération Nationale des Producteurs de Raisin de Table (FNPRT) sur le fondement du dénigrement de la production de raisin de table.

La Confédération paysanne répond, par la présente, favorablement à l’appel à soutien que vous avez lancé en mai 2009.

La Confédération dénonce particulièrement les points suivants :
- L’assignation faite à une association telle que le MDRGF qui n’a d’autre intérêt que l’intérêt
général, constitue une atteinte au droit à l’information
- La demande financière associée à l’assignation constitue une double provocation en ce sens qu’elle ne correspond en rien à une indemnisation éventuelle d’un préjudice à la production mais vise, par son montant (500 000 €) à empêcher l’association d’exercer son activité propre.
-
De plus, la réduction de l’usage des pesticides (puis, à terme, l’arrêt de cet usage) constitue une priorité essentielle mais elle doit être soutenue et accompagnée en termes de moyens par les pouvoirs publics ; ces derniers doivent mettre en œuvre, par la recherche publique réellement soutenue financièrement, une politique volontariste basée sur la protection des cultures sans effet à long terme sur la santé des consommateurs et des applicateurs. Les paysans sont prêts à prendre toute leur place dans le processus de réduction et d’accompagnement vers la fin de l’usage des pesticides, ce qui ne saurait dispenser l’Etat de prendre toute sa responsabilité dans ce travail.
Il est nécessaire et urgent de former les paysans à des méthodes alternatives à l’usage des pesticides et de s’appuyer sur les fondements de l’agronomie : préservation de l’équilibre des sols, rotation des cultures, choix de variétés résistantes… En plus de la recherche, l’Etat doit donc soutenir les organismes de formation.

L’objectif et la fierté du paysan sont d’offrir à ses concitoyens une alimentation de qualité, bonne et saine, exempte de produits toxiques. Ce procès vous est intenté par une organisation (FNPRT) qui, comme d’autres de la même mouvance, refuse la remise en cause de l’usage des pesticides.

La Confédération paysanne propose de rencontrer le MDRGF rapidement afin d’échanger sur les façons les plus effectives de trouver une issue favorable à cette affaire.

Très sincèrement,

Philippe Collin, porte parole de la Confédération Paysanne
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Homo Petroleum

 

Sortir du Pétrole

Sortir du pétrole

A la découverte de l’Homo Petroleum, par Mathieu Eisinger.

Description:

Satire de notre société occidentale qui s’appuie sur l’utilisation massive de pétrole.

Le problème de production mondiale (peak oil) nécessite donc un changement radical de comportements.

 

GAGNANT DU CONCOURS VIDÉO ALTERNATIVE CHANNEL DÉVELOPPEMENT DURABLE 2008.

Prix décerné lors du Forum Alternative Channel 2008, par un jury de professionnels.

Merci à Wired Dub and Friends pour la musique, à l’American Petroleum Institue pour ses videos, à la New York Public Library Digital Gallery pour ses photos ainsi qu’à University of Texas Perry Castaneda pour sa carte du monde.

Tourné grâce à l’aimable participation de la Ville de Paris.

 

A la découverte de l’Homo Petroleum, par Mathieu Eisinger.

 


Le porte-parole du réseau “Sortir du Nucléaire” frappé d’exception

 

Sortir du nucléaire

Réseau Sortir du Nucléaire

Le porte-parole du Réseau “Sortir du nucléaire” frappé d’exception juridique.

Signez et diffusez l’appel à un classement “sans suites” en sa faveur !

Lisez et signez l’appel :

www.sortirdunucleaire.org/dossiers/Soutien-SLhomme.html

 

Merci de diffuser très largement ce message à vos connaissances !

Menacé de 5 ans de prison pour avoir révélé la vulnérabilité du réacteur nucléaire EPR en cas de crash d’avion de ligne, Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau “Sortir du nucléaire”, est sous le coup d’une enquête “préliminaire” qui dure depuis plus de 3 ans, et dans l’impossibilité d’accéder à son dossier juridique. Le bâtonnier de Paris estime que de tels délais “sont contraires à la notion de procédure juste et équitable”. Stéphane Lhomme est menacé de 5 ans de prison et de 75 000 euros d’amende.

Premiers signataires :

Corinne Lepage (CAP 21), Noël Mamère (Les Verts), Olivier Besancenot (NPA), José Bové (Europe-Ecologie), Cécile Duflot (Secrétaire nationale des Verts), Corinne Morel-Darleux (Secrétaire nationale à l’écologie du Parti de Gauche), Francine Bavay (Vice-Présidente du Conseil régional d’Ile de France), Raoul-Marc Jennar (Chercheur / Tête de liste NPA Européennes Sud-Est), Myriam Martin (Tête de liste NPA Européennes Sud-Ouest), Philippe Chesnau (Vice-Président du Conseil Régional PACA), Christophe Ondet (Secrétaire national du Parti Pour La Décroissance), Jean-Marie Harribey (Co-Président d’Attac), Roland Desbordes (Président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité - CRIIRAD), Claude Bascompte (Président des Amis de la Terre France), Gustave Massiah (Economiste / Président du CRID), Gilles Lemaire (Attac), Bernard Laponche (Expert indépendant), Eugène Riguidel (navigateur), Michel Verna (Membre du conseil national de Génération Ecologie), Gilles Kuntz (Les Alternatifs - Conseiller municipal de Grenoble), Alain Touleron (Les Alternatifs - Adjoint au Maire de Vaulx-en-Velin), Hervé Guerrera (Conseiller municipal d’Aix-en-Provence), Michael Lowy (Chercheur), Simon Charbonneau (Professeur de droit de l’environnement), Philippe Leclercq (Conseiller régional Gauche Alternative), …

Merci pour votre soutien !

Cordialement,

L’équipe du Réseau “Sortir du nucléaire”

Galerie photos
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